Les pyramides d’Égypte

Article mis en ligne le 23 avril 2016

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Suite à l’émission de la Tronche en Biais du 19 avril sur le film de Jacques Grimault et Patrice Pooyard et sur les pyramides, je mets ci-dessous les éléments principaux de mon intervention sur les pyramides d’Égypte, accompagnés des liens vers les sources.

Les pyramides sont-elles des tombes ?

Il existe en Égypte une centaine de pyramides - sans compter celles qui ne sont pas encore connues, on en découvre régulièrement ! - dont une trentaine de grande taille, construites de la IIIème à la XIIIème dynastie, soit du XXVIIème au XVIIème av. JC, donc sur une période de près de 1000 ans.

Ces pyramides ne sont pas isolées, elles sont toutes insérées au sein d’un complexe funéraire (ou complexe pyramidal) qu’on retrouve pour toutes les pyramides de l’Ancien Empire mais aussi pour les mastabas royaux de la IIIème dynastie :
- temple bas ou temple de la vallée (dont les restes ont été retrouvés sous la ville moderne pour celui de la pyramide de Khéops [1]) généralement entouré d’une véritable « ville de la pyramide » où vivent les prêtres, fonctionnaires, ouvriers, artisans, serviteurs qui se consacrent au culte royal ;
- temple haut ou temple funéraire (ne reste que le dallage de basalte pour celui de la pyramide de Khéops) ;
- ces deux temples sont reliés par une chaussée construite et sans doute couverte (chaussée de plus de 700 m pour celle de Khéops dont on a retrouvé des traces [1]) ;
- de plus la pyramide est généralement accompagnée d’une pyramide satellite ou pyramide de culte sur le côté sud ou sud-est, parfois aussi de fosses à barques (cf le rôle funéraire de la barque solaire) ;
- et le complexe est souvent entouré d’une nécropole contenant de nombreux tombeaux de dignitaires et de membres de la famille du roi.

Reconstitution du complexe pyramidal de Khéphren
Source

Une absence toute relative de momies dans les pyramides

L’argument de l’absence de momies est souvent avancé par les partisans des pyramides comme centrales électriques, vaisseaux extraterrestres ou « métamachines » (version J. Grimault). Il ne faut pas oublier que toutes les pyramides ont été pillées, souvent dès la première période intermédiaire ; il en est de même pour la quasi-totalité des tombeaux, même ceux cachés dans la vallée des Rois. Pour rappel, même les rares tombeaux découverts apparemment intacts, comme celui de Toutankhamon ou celui d’Aménémopé à Tanis, ont en fait été « visités », parfois très peu de temps après l’inhumation comme celui de Toutankhamon.

Cependant, de très nombreuses traces de pratiques funéraires ont été retrouvées dans les pyramides : sarcophages, mobilier funéraire de type vases canopes, fragments de momies en mauvais état... D’après un relevé effectué par F. Doernenburg (en) dans la littérature égyptologique, sur 26 grandes pyramides :
- 92 % contenaient un sarcophage
- 70 % du mobilier funéraire
- 50 % des fragments de momies et de bandelettes
sans parler des textes des pyramides gravés sur les parois des chambres funéraires à partir de la fin de la Vème dynastie.

L’égyptologue espagnol Jose Miguel Parra a publié en 2011 un article intitulé « Las momias de las pirámides » dans Espacio, Tiempo y Forma, Serie II, Historia Antigua, article où il recense la totalité des restes humains connus trouvés dans des pyramides, avec leur datation. La traduction française de cet article est disponible ici : Les momies des pyramides.

De plus, pour Khéops on a plusieurs auteurs musulmans (mais dont aucun n’est un témoin direct) qui relatent la découverte d’une momie ou d’un cercueil lors de l’ouverture de la pyramide par le calife Al Mamoun vers 830.

Donc on a bien un faisceau d’indices convaincants montrant que les pyramides sont des tombeaux ; ce qui n’empêche pas que leur fonction était probablement plus complexe : à la fonction funéraire s’ajoutaient probablement une fonction religieuse (symbolisme de la colline primordiale et culte du soleil) et peut-être une fonction politique (en) (grands travaux accélérant l’unification du pays).

Qu’est-ce qui permet d’attribuer la grande pyramide à Khéops ?

L’attribution traditionnelle de la grande pyramide à Khéops est mentionnée dans des textes de l’Antiquité :
- Hérodote, historien grec du Ve siècle avant JC
- Manéthon, historien égyptien du IIIe siècle avant JC (repris dans Eusèbe de Césarée par exemple)
- Diodore de Sicile, historien grec du Ier siècle avant JC.

Mais les égyptologues prennent ces textes avec beaucoup de recul critique : ce sont des textes tardifs (Diodore est temporellement plus proche de nous que de Khéops !) à utiliser avec précaution du fait des nombreuses erreurs, approximations et inventions qu’ils contiennent. Par exemple lorsqu’ Hérodote dit que Khéops a prostitué sa fille pour payer sa pyramide, les égyptologues ont tendance à ne pas prendre cette affirmation au sérieux. De même, Diodore dit que les pierres de la pyramide viennent d’Arabie, alors qu’on sait que ces pierres proviennent en quasi-totalité d’une carrière située à quelques centaines de mètres de la pyramide, sur le plateau même de Gizeh (les seules exceptions étant les pierres du revêtement, extraites à Tourah à une vingtaine de kilomètres au sud de Gizeh, et les poutres et dalles de granite de la chambre du roi, qui elles viennent des carrières d’Assouan à 800 km en amont sur le Nil).

Cependant cette attribution traditionnelle à Khéops est aujourd’hui largement confirmée par l’archéologie : le nom de Khéops apparaît en effet dans de nombreuses tombes des nécropoles de Gizeh appartenant à des dignitaires de son règne ; son cartouche est également présent, avec celui de son fils Djédefrê, dans la deuxième fosse à barque de Khéops ouverte en 2011.

Cartouche de Khufu découvert dans le cimetière ouest de la grande pyramide
Source

Un cartouche scellé

Surtout, plusieurs inscriptions comportant le nom égyptien de Khéops, Khufu, ont été découvertes par le colonel Richard Howard Vyse en 1837 dans les « chambres de décharge » au-dessus de la chambre du roi, donc dans des pièces scellées et inaccessibles depuis l’époque de la construction, que le colonel Howard Vyse n’a pu atteindre qu’en utilisant des explosifs [2].

Cette découverte de Howard Vyse, qui confirme au-delà de tout doute raisonnable l’attribution à Khéops de la pyramide, a été remise en cause au XXème siècle par Zacharia Sitchin et après lui tous les auteurs « alternatifs » : Sitchin [3] affirme que les inscriptions auraient été peintes par Howard Vyse lui-même, en se basant

- sur une supposée faute d’orthographe dans le cartouche, qui utiliserait pour le « Kh » de Khufu le symbole « Re » (disque avec point) au lieu du symbole « placenta » ou « tamis » (disque avec hachures) :

Source

- sur la supposée utilisation par Howard Vyse de peinture rouge pour peindre les noms des visiteurs aristocratiques de la pyramide, peinture qu’il aurait donc été tenté d’utiliser pour contrefaire le cartouche de Khufu ;

- et sur le « témoignage » du descendant d’un membre de l’expédition, Humphries Brewer.

Mais ces affirmations, répétées à l’envi par tous les « pyramidomanes » (dont Jacques Grimault), sont totalement fausses ; si on peut comprendre que certains les aient crues dans les années 80 où les moyens de vérification étaient peu accessibles pour le grand public, il est plus étonnant qu’aujourd’hui ces pyramidomanes continuent inlassablement à répéter les mensonges de Sitchin alors qu’il est aisé de les démonter :

- Khufu est bien écrit avec le symbole « Kh » - placenta, aussi bien sur le cartouche que sur les dessins originaux de Howard Vyse ou de ses collaborateurs Hill et Perring ; par contre c’est bien Sitchin le faussaire, lorsqu’il présente dans son livre Journeys to the Mythical Past un dessin du cartouche mal orthographié (« Ré-ufu ») en le faisant passer un dessin de Howard Vyse.

Le cartouche photographié par Stadelmann
The cartouche photographed by Stadelmann - Source
Le cartouche tel qu’il est réellement dans le livre de Howard Vyse
The cartouche as it actually is in Howard Vyse’s account - Source p. 179 (p. 329 du PDF)

- Plusieurs des inscriptions, y compris un des cartouches contenant le nom de Khéops, sont en partie cachées par des blocs de 70 tonnes derrière lesquels elles se poursuivent : elles ont donc forcément été faites au plus tard au moment de la construction, car on voit mal un faussaire démonter discrètement ces blocs pour aller peindre derrière...

- Une des inscriptions représente le nom d’Horus de Khufu, Medjedu (la titulature royale comprend 4 noms différents à l’époque de Khufu, 5 par la suite) ; or ce nom était inconnu en 1837, on ignorait même alors qu’il s’agissait d’un nom !

- Tous les graffitis mentionnant les noms d’illustres visiteurs aristocratiques ajoutés par Howard Vyse dans les chambres de décharge ont été faits à la peinture noire, aucun à la peinture rouge.

- Enfin, le « témoignage » invoqué par Sitchin est plus que discutable : ce sont des notes prises par un certain M. Allen, arrière-petit-fils d’Humphries Brewer, en 1954, suite à une conversation avec sa mère, au cours de laquelle fut discutée une visite que celle-ci avait faite à une troisième personne supposée détenir certaines lettres de l’arrière-grand-père qui aurait assisté à la falsification par Howard Vyse... Comme témoignage direct, on fait mieux... d’autant qu’aucune de ces lettres n’a été retrouvée !

Pour en savoir plus sur cette question de l’authenticité du cartouche et des déformations ou mensonges de Zacharia Sitchin, voir "La Révélation des Pyramides" : Sitchin ou pas Sitchin ? ; voir aussi la série d’articles de F. Doernenburg, The faked name (en), The wrong letters (en) et The Horus-Name (en).

Certains s’étonnent par ailleurs du fait que ces inscriptions contenant le cartouche de Khéops tiennent plus du graffiti que de l’inscription royale ; en réalité les inscriptions des chambres de décharge représentent des noms d’équipes de travailleurs (Phylè) [4], par exemple : « L’équipe "L’Horus Medjedu est le purificateur des deux terres" ». On a des centaines d’exemples de telles marques dans d’autres monuments, par exemple dans la pyramide rouge de Dahchour ; il s’agit soit du nom des équipes de carriers, soit du nom des équipes chargées de la mise en place des pierres.

Ouadi el-Jarf et Pierre Tallet

Plus récemment on a eu une confirmation supplémentaire de la validité de l’attribution de la pyramide à Khéops avec les découvertes faites par Pierre Tallet qui fouille le site de Ouadi el-Jarf depuis 2011. Il s’agit d’un port sur la mer Rouge (golfe de Suez), utilisé sous le règne de Khéops, qui desservait les mines de turquoise et de cuivre du Sinaï ; on y trouve de très nombreuses inscriptions au nom de Khéops : sur des ancres de bateaux, des poteries, des blocs de fermeture des galeries servant de magasin...

Marque de contrôle au nom de Khufu trouvée sur un bloc de fermeture d’une galerie
Source

Lors de la campagne 2013 a été découvert un lot de papyrus, les plus anciens papyrus inscrits jamais trouvés ; ils avaient été déposés, probablement dans un sac en toile, au moment de la fermeture d’une galerie. Ces papyrus retracent les activités d’une équipe d’ouvriers, et l’un est daté de « l’année suivant le 13ème recensement de Khéops », c’est-à-dire de l’année 27 du règne (recensement bisannuel du bétail).

Papyrus comptable comportant la date de l’année suivant le 13ème recensement et le nom d’Horus de Khéops
Source

Ces papyrus comprennent des documents comptables : livraisons de denrées à l’équipe (quantité, origine...) ; mais aussi un journal de bord de l’équipe dirigée par l’inspecteur Merer antérieur à la venue de cette équipe au Ouadi el-Jarf. Il s’agissait d’une phylè de probablement 200 hommes, bateliers et transporteurs, chargés en particulier de transporter depuis la carrière de Tourah des pierres très probablement utilisées pour le parement de la pyramide. Le journal décrit les activités de l’équipe sur des cycles de 3 jours : départ de Tourah, deux jours pour atteindre « l’Horizon de Khéops », c’est-à-dire la pyramide, un jour pour le retour à vide en remontant le Nil [5].

Détail du journal de Merer avec le nom de Khufu en haut à gauche
Source

En prenant tout cela en compte, on a donc bien un ensemble d’indices largement suffisants pour affirmer que la pyramide a été construite sous le règne de Khéops.

La datation des pyramides

La chronologie égyptienne n’a longtemps été connue que par des sources historiques à manier avec précaution. Toutes les références temporelles dans les documents égyptiens sont datées par le règne du roi, donc la base de la chronologie égyptienne est la liste des règnes. Pour établir cette liste on dispose d’inscriptions :
- la pierre de Palerme : règnes et faits importants des 5 premières dynasties (musée de Palerme, découverte au XIXe)
- la Table de Karnak : liste de 61 rois à partir de Snéfrou (découverte en 1825)
- la Table d’Abydos : liste de 76 rois de la 1ère à la 19ème dynastie, commandée par Sethi Ier pour le temple d’Abydos
- la Table de Saqqarah : liste de 58 rois établie sous le règne de Ramsès II (découverte en 1861 dans la tombe d’un scribe).

Table d’Abydos - Rois de la IVème dynastie
Source

Mais on dispose également de textes :
- l’Aegyptiaca ou Histoire de l’Égypte de Manéthon, IIIe siècle avant JC ; ce texte n’est connu que par des citations postérieures (Julius Africanus, Flavius Josèphe, Eusèbe de Césarée) qui ne s’intéressaient qu’à certains aspects (par exemple la relation avec la chronologie biblique), et il contient de nombreuses erreurs et incohérences ; Manéthon s’est probablement appuyé sur des inscriptions du type ci-dessus, mais c’est lui qui a « inventé » la division en dynasties (en).
- le Papyrus de Turin ou Canon royal de Turin, découvert en 1822 ; il liste les noms des dieux et de 300 rois, dont il donne aussi la durée du règne ; établi vers 1200 avant JC sous le règne de Merenptah fils de Ramses II, il s’agit du document le plus complet en ce qui concerne les listes royales, dont une partie est malheureusement perdue.

Fragment du papyrus de Turin
Source

Tous ces documents sont plutôt des documents politiques qu’historiques : ce sont les listes « officielles » à l’époque où elles ont été établies, certains rois sont volontairement omis pour des raisons politiques ou religieuses (par exemple Akhenaton, le roi « hérétique », ou la reine Hatchepsout...) ; ces listes et documents sont incomplets, fragmentaires, avec des trous et des chevauchements d’un document à l’autre, mélangeant pour certains rois, rois mythiques et dieux...

Mais ils ont longtemps servi de base aux différentes chronologies traditionnelles, en calant les règnes par exemple sur des évènements astronomiques identifiables ; du fait des imprécisions liées à ces documents, ces chronologies offrent entre elles des décalages plus ou moins importants (quelques années à quelques décennies), surtout pour l’Ancien Empire.

Carbone 14

La chronologie traditionnelle a été globalement confirmée par les différentes campagnes de datation absolue utilisant le carbone 14 : la dernière étude globale publiée en 2010 (l’article scientifique est malheureusement derrière un paywall : « Radiocarbon-Based Chronology for Dynastic Egypt » (en), Science, juin 2010 - edit : l’article est disponible ici) tend à privilégier la chronologie haute, c’est-à-dire des dates légèrement plus anciennes que celles envisagées jusqu’ici.

Pour les pyramides proprement dites, il y a eu deux grandes campagnes de datation au radiocarbone (en) :
- la première en 1984, financée, ironie de l’histoire, par la Fondation Edgar Cayce (en) (du nom du medium et voyant) qui cherchait à prouver que les pyramides et le Sphinx étaient âgés de plus de 10 000 ans !
- la deuxième en 1995.

Au total plus de 450 échantillons prélevés sur divers monuments de l’Ancien et du Moyen Empire ont pu être datés par trois laboratoires différents (Texas pour 1984, Nevada et Suisse pour 1995), puis comparés avec les chronologies traditionnelles.

En ce qui concerne la grande pyramide, 46 échantillons (20 en 1984 et 26 en 1995) ont été prélevés à 19 niveaux différents de la pyramide, de la deuxième assise au sommet [6]. On ne peut bien sûr pas dater la pierre par le radiocarbone, mais entre les pierres apparaît un mortier réalisé par cuisson de gypse ou calcaire : on retrouve dans ce mortier des cendres et fragments de charbon, et ce sont ces charbons qui ont été datés.

Les résultats (en) donnent pour la grande pyramide un âge supérieur de 100 à 200 ans à l’âge théorique selon les chronologies traditionnelles : de 2780 à 2650 avant JC au lieu de environ 2580-2570 av JC.

Ces résultats confirment l’appartenance de la grande pyramide (et des autres, puisque les datations des autres monuments de la IVème dynastie donnent des résultats semblables, 100 à 200 ans plus âgés que la chronologie traditionnelle) à l’Ancien Empire. La différence de 100 à 200 ans peut s’expliquer au moins en partie par le problème dit « du vieux bois » (en) : du fait de la rareté du bois en Égypte, celui-ci était réutilisé le plus longtemps possible. Or la datation au radiocarbone indique la date de la mort de l’arbre ; si c’est du bois recyclé déjà âgé qui a été utilisé pour fabriquer le mortier cela explique une datation plus ancienne.

On assiste aujourd’hui au développement d’autres méthodes de datation ; une des plus prometteuses dans le cas des pyramides est la datation par luminescence (avec 2 variantes, optique OSL et thermique TLS) ; elle permet de dater le moment où une roche a été exposée à la lumière du soleil pour la dernière fois : on peut donc dater des blocs internes de la pyramide dont la surface n’a plus été exposée au soleil depuis la construction.

Prélèvement d’un échantillon sur la pyramide de Mykerinos
Source

Cette méthode, encore quelque peu dans l’enfance, a été appliquée à Gizeh par Ioannis Liritzis (« Egyptian Monuments dated by Surface Luminescence Dating Method » (en), Journal of Cultural Heritage, 2014) à des échantillons prélevés sur le temple de la vallée (complexe pyramidal de Khephren), sur le temple du Sphinx et sur la pyramide de Mykerinos. Les résultats sont encore d’une grande imprécision (fourchettes de plusieurs centaines d’années) mais aucune date à Gizeh ne correspond à un âge préhistorique puisque le haut de la fourchette ne dépasse pas 2700 à 3000 ans avant JC.

En conclusion : on est encore loin d’une précision absolue pour ce qui concerne la chronologie de l’Ancien Empire et de ses monuments ; mais cela ne veut absolument pas dire qu’on ne peut pas les dater comme l’affirme le film La Révélation des Pyramides (« concernant la grande pyramide, il ne s’agit que d’opinions »). Quelle que soit l’imprécision de détail, on en sait assez pour pouvoir affirmer
- que les pyramides ont bien comme fonction principale une fonction funéraire ;
- que la grande pyramide a bien été construite par les anciens Égyptiens sous le règne de Khéops ;
- et que cela s’est fait aux alentours de 2500-2600 ans avant notre ère.

Notes :

[1Pour les traces du temple bas et de la chaussée de la pyramide de Khéops, voir par exemple Georges Goyon, « La chaussée monumentale et le temple de la vallée de la pyramide de Khéops », BIFAO n°67, 1969.

[2De la poudre à canon, et non de la dynamite comme je l’ai dit par erreur dans l’émission de la Tronche en Biais !

[3Dans Stairway to Heaven, 1980, puis dans le chapitre « The Great Pyramid Forgery » dans Journeys to the Mythical Past (en), 2007.

[4Voir par exemple Egyptian Phyles in the Old Kingdom (en), Ann Macy Roth, 1991, page 151 et suivantes.

[5La première partie de la traduction, en anglais et en arabe, des papyrus de Ouadi el-Jarf par Pierre Tallet est disponible ici.

[6Assises où ont été effectués les prélèvements : 2ème, 5ème, 9ème, 10ème, 49ème, 51ème, 52ème, 65ème, 76ème, 77ème, 81ème, 88ème, 108ème, 141ème, 143ème, 145ème, 146ème, 198ème et dernière.

P.S. :

PS : Si le travail de la chaîne La Tronche en Biais vous intéresse, je vous invite à soutenir leur projet de documentaire !


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Jacques Grimault invité de "La Tronche en Biais" (Document manquant)
chavanne - le 24 avril 2016

Merci pour vos publications.

Voici le document manquant :
- https://www.researchgate.net/publication/44683433_Radiocarbon-Based_Chronology_for_Dynastic_Egypt
- http://img2.timg.co.il/forums/1_143488617.pdf
Radiocarbon-Based Chronology for Dynastic Egypte
Christopher Bronk Ramsey, et al.
Science 328, 1554 (2010) ;
DOI : 10.1126/science.1189395

Jacques Grimault invité de "La Tronche en Biais" (Document manquant)
Irna - le 24 avril 2016

Merci beaucoup pour le lien, Chavanne ; je vais le rajouter sur l’article !

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Mertseger - le 29 avril 2016

Bonjour à tous !
(Quitte à faire du symbolisme de pacotille, J’ai choisi un pseudo de la déesse égyptienne protectrice des ouvriers près de Thèbe à l’époque du nouvel empire si je ne m’abuse... et son nom signifie : "celle qui aime le silence". )

Je tenais à vous dire à qu’elle point je suis admirative de votre travail de compilation, de calcul, et cette patience presque surhumaine de démystification.

J’ai beaucoup aimé aussi l’intervention à l’émission la tronche en biais d’irna ^^ un live complet sur le sujet de la pseudo-archéologie, ne serait pas du luxe à mon sens.
Ce qui m’insupporte le plus, c’est que la plupart des gens qui suivent JG, ne se rendent pas compte qu’ils perdent l’essentiel, la véritable part du merveilleux : celui d’essayer de comprendre des personnes d’un autre temps et d’une autre civilisation. D’essayer de comprendre comment les paramètres culturels , sociétales et économiques ont pu faire justement émerger des sites superbes. Toutes ces choses que personnellement je trouve passionnant, même si je sais qu’on n’aura jamais les réponses, juste un tout petit bout par ci ou par là, ils le balayent d’un revers de la main pour avoir quoi : une réponse satisfaisante, clef en main, sensationnel et qui bien entendu est teinté d’une sorte d’élitisme : nous on est pas des moutons. On fait pas comme tout le monde...

Quand je vois qu’il n’y a eu aucune publication, sur la reproductibilité de la méthode, pour que tout le monde et surtout les gens du milieu en comité de lecture, puissent décortiquer :

Certaines personnes ne veulent comprendre que demandait à des archéologues et égyptologues de considérer la sortie de ce genre de film estampillé doc ; revient à leur demander de se pencher sur stargate ou Gods of Egypt... ça revient au même si ça ne sort pas dans les circuits prévus, avec articles, et toutes les méthodes opéré et voir si elles sont valables.
La plupart ne savent même pas faire la part entre spéculation et hypothèse dans ce genre de disciplines.
"Mais non ! C’est qu’ils ont peur ! Ils cachent des choses !... "

Je suis peut-être un peu dure... mais quand je vois que certains parle par exemple de la théorie de l’évolution n’est qu’une théorie, parce qu’ils confondent théorie scientifique avec théorie dans le langage courant, alors que ce n’est pas du tout les mêmes critères qu’englobe ce mot dans le contexte scientifique.. ça pique déjà les yeux.

D’autres pensent que contre argumenter avec des bases solides revient à troller (ou être agressive ou hystérique ou avoir peur... peur de quoi ? on se demande)... je perds foi en l’humanité.
Bref je voulais juste mettre un peu mes sentiments, sur ce cas d’école qu’est JG et PP de la pseudo archéologie et ce qu’il entraine.
Cela dit y a pas mort d’homme, juste un irrespect totale de civilisations pour de la poudre aux yeux.

bonne journée o/

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Epiméthée - le 30 avril 2016

Hello, et bienvenue !

Vous inquiétez pas pour le symbolisme de pacotille, vous n’êtes de loin pas la seule !

Je voulais d’abord vous conseiller quelques lectures, parce qu’il existe des livres sur le sujet de la pseudo-archéologie, même si la plupart sont en anglais.

D’abord, un livre fondamental reste l’ouvrage de Colavito, Cult of Alien Gods. On y trouve une bonne critique de la plupart des arguments pseudo-archéologiques sur les pyramides, mis en scène dans une perspective d’histoire des idées qui permet de remonter à leur origine au XIXème siècle et aux idéologies victoriennes qui les ont faits émerger. Le livre a quelques défauts, Colavito a déclaré qu’il ferait certaines choses différemment à présent, mais il reste une excellente base de travail.
On peut aussi lire avec profit son excellent "Foundation of Atlantis, Ancient Astronauts and other Alternative Past", qui recense une grande partie des documents cités par les auteurs dont JG est un épigone médiocre, en les traduisant et en les contextualisant.
Son site, que vous trouverez en lien dans les ressources de celui-ci, est une excellente boîte à outils.

Dans le même ordre d’idée, le journal American Antiquity, vol 80, num. 3, propose une série de critiques des ouvrages de pseudo-archéologues. Vous les trouverez ici : http://saa.publisher.ingentaconnect.com/content/saa/aa/2015/00000080/00000003 (les textes qui nous concernent sont disponibles gratuitement tout au fond de la page, sous le lien "review".)

En français, il existe malheureusement peu d’ouvrages traitant directement de ces questions. Indirectement, c’est à dire ne parlant pas spécifiquement des pyramides mais plutôt du contexte idéologique et intellectuel qui fonde ces théories, on trouve quand même au moins deux textes que j’ai beaucoup apprécié. Le premier, "La Dame Blanche et l’Atlantide", de Jean-Loïc le Quellec, revient sur le rapport colonialiste à l’Afrique et la manière dont y fut projetée une sorte de civilisation blanche. C’est très bien documenté et richement illustré. On y parle à la fois d’archéologie et de culture populaire.

Le second semble plus éloigné du sujet mais il mets en scène de façon très riche non seulement l’histoire de l’archéologie, ses liens avec d’autres sciences depuis le XIXème siècle, mais aussi les contextes politiques et idéologiques qui justifient ou expliquent certains argumentaires. On y retrouve les questions victoriennes des origines de la civilisation et les utilisations politiques qui en furent ensuite faites. C’est une saine lecture, sur un sujet peut-être spécifique mais dont les outils sont facilement transposables dans le contexte général de la pseudo-histoire. Il s’agit de l’excellent "Mais où sont passés les Indos-européens" de Jean Paul Demoule, Sa bibliographie est simplement monumentale.

Plus ancien mais tout à fait valable, vous pouvez aussi lire l’ouvrage de Jean-Pierre Adam, "Passé recomposé, "Chroniques d’archéologie fantasque".

Bon, ça fait déjà quelques lectures. Je peux vous en fournir d’autres mais elles s’inclineront cette fois réellement sur le caractère idéologique et politique du domaine pseudo-archéologique. Et c’est là que je me permets de réagir à votre conclusion, "il n’y a pas mort d’homme". J’ai envie de dire, pas encore et touchons du bois.

Prenons par exemple Kyle Odom, un ancien marine, tenant des thèses on va dire reptilienne, influencé par David Icke et Jim Marrs. Le mec a tiré sur des gens pour faire passer ses idées. (http://www.jasoncolavito.com/blog/idaho-shooter-wanted-to-ask-pres-obama-to-fight-martians-in-american-and-israeli-governments)
Et c’est là le problème. Je sais, on est ici sur un site de vérification et d’explication de faits archéologiques. N’empêche, il me paraît indispensable de comprendre aussi que ces pseudo-récits, cette construction paranoïaque de l’histoire, ont une influence réelle sur les conceptions politiques de certains individus. On retrouve un argumentaire semblable, appel à l’Atlantide, délires extraterrestres et conspirationnismes, dans une série de groupes plus ou moins visibles de la droite et de l’extrême droite principalement (bien que certains groupes de l’extrême gauche soient aussi impliqués). Par exemple une partie de cet argumentaire se lit dans les livres jaunes du sinistre Jan Van Helsing. Pour faire simple, et comme le proposait déjà Nicholas Goodrick-clark dans son très bon "Black Sun, Aryan Cults, Esoteric Nazism and the Politics of Identity", bien qu’en apparence inoffensifs, ces théories servent en réalité de chambre d’écho à une idéologie politique fondamentalement dangereuse.

C’est un vaste sujet, potentiellement miné, mais je propose volontiers quelques références, à disposition pour ceux qui voudraient creuser...

Et un excellent week end à tous !

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 30 avril 2016

Epiméthée, je pense qu’on devrait aussi recommander la lecture des ouvrages et articles de Stéphane François, je pense en particulier à Au-delà des vents du Nord. Beaucoup de ses articles sont disponibles sur le blog Fragments sur les Temps Présents : https://tempspresents.com/author/stephanefrancois/

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Epiméthée - le 30 avril 2016

Ah, ben on en manque toujours un en passant... C’est quand même utile les relectures, merci !

C’est vrai que c’est une excellente lecture et certainement plus actuelle que les livres de Goodrick-Clark qui commencent à dater.

Au fait, est-ce que ça rentrerait dans le cadre de ce site de réunir sur un même post les ressources qui décodent et analysent ce type de considérations idéologiques et politiques ? J’essaye de pas rentrer trop frontalement dans le sujet ici, parce qu’on est tout de suite proche de quelque chose de politique et d’identitaire qui pourrait créer des polémiques peut être un peu trop sensibles.

Pourtant, je le trouve fondamentalement nécessaire, autant dans les questions diffusionnistes que, par exemple, par rapport au nationalisme bosniaque qui sous-tend les thèses d’Osmanajic.

Alors je sais pas, ce serait peut-être aussi une piste à explorer. Comme on dit, chacun voit midi à sa porte, et c’est vrai que mon intérêt principal porte sur l’histoire culturelle, ce qui explique évidemment mon positionnement.
Je trouve que ce site est à la fois une référence et une boîte à outil, du coup, c’est peut-être à envisager dans un souci de présenter la profondeur de la question.

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 30 avril 2016

Au fait, est-ce que ça rentrerait dans le cadre de ce site de réunir sur un même post les ressources qui décodent et analysent ce type de considérations idéologiques et politiques ?

Non seulement ça rentrerait dans le cadre, mais ça serait une excellente idée ! Voire une rubrique entière... J’avais évoqué le lien entre la question des pyramides et le nationalisme bosniaque dans mon article pour Balkanologie, je pourrais reprendre la question ici. Par contre je manque un peu de temps en ce moment pour faire plus, mais si vous vous sentez de contribuer avec un article ou au moins une ébauche sur cette question que vous semblez bien connaître, ce serait avec grand plaisir !

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Epiméthée - le 1er mai 2016

J’ai envie de dire oui, sans réfléchir, et puis il y a évidemment des mais...
Pour être honnête, ça m’excite et ça m’angoisse. Bon, c’est dimanche, j’ai le temps de m’expliquer un peu.

C’est un chouette sujet, mais il est vaste. Je suis pas encore certain d’en maîtriser tous les aspects et j’ai peur de m’enfoncer dans un marécage infini. D’autant que y a du niveau, j’ai intérêt à assurer vu la qualité de certains des textes qui ont été publiés ici. Je sais pas si je l’ai déjà dit, mais mon intérêt premier tournait, il y a déjà longtemps, autour de la fabrique des univers fantastiques, puis de leur surgissement dans le réel. De là, ça a énormément dérivé...
Pour être un peu plus clair, y a un article de Michael Saler, "Clap if you believe in Sherlock Holmes" qui vous donnera quelques-unes des bases qui m’avaient à l’époque fait réfléchir sur le sujet de ce surgissement du fantastique. On le trouve ici : http://www.jstor.org/stable/3133564?seq=1#page_scan_tab_contents

Bref... De là, j’ai évidemment continué vers les questions de continents perdus, d’extraterrestres, tout le folklore du pulp qui m’a fait dériver vers les considérations idéologiques et politiques qui nous occupent ici. Et bref, y a encore des pièces qui me manquent. Et y a des trucs que je dois relire. Et puis, j’ai surtout une bonne bibliothèque, hein, comme tout le monde, je puise allègrement dans le travail de gens bien meilleurs que moi...

Maintenant, un sujet comme le nationalisme et la pseudo-histoire est peut-être un peu trop général. Dis comme ça, et en esquissant simplement quelques gros traits de tête, il y aurait plusieurs sujets différents à éclairer. D’abord, il faudrait évoquer une sorte d’histoire du diffusionnisme, qu’on pourrait d’ailleurs faire remonter jusqu’à la vieille question des ancêtres mythiques, et au double héritage européen, que Demoule caractérise à mon sens justement comme la fascination d’une part pour le judéo-christianisme et d’autre part comme la volonté de s’en extraire en appelant aux peuples païens. (C’est pas une formulation très rigoureuse mais ça suffira ici).
Dans la même perspective, on devrait explorer les débuts de l’archéologie scientifique qui va mettre en scène ces ancêtres justement, que ce soit dans les mouvements de type Volksich allemands, dans les celtomanies françaises, dans les lacustres suisses, mais aussi au Etats-Unis à travers la doctrine de la Destinée Manifeste...
En même temps, on devrait aussi toucher la question on va dire de l’occultisme, avec le poids d’une Blawatsky par exemple tout en étant attentif à pas lui en donner trop...
Enfin, il y aurait la question de la culture populaire, pulp, roman d’aventure, le Monde Perdu de Doyle, l’Atlantide de 20’000 lieux, Alan Quatermain de Rider Haggard, Lovecraft...
Remarquez, on est dans une période, au doigt mouillé, qui s’étale entre le début du XIXème siècle et la seconde guerre mondiale.

Après, il y a tout le problème de ce qui suit la seconde guerre mondiale. Le truc, c’est qu’on voyage entre des gens plus ou moins crédibles, des auteurs reconnus et des illuminés, des questions précises de pseudo-histoires et des écrivains, parfois des scientifiques, qui créent les conditions idéologiques dans lesquelles leurs idées trouveront un écho.
Par exemple, il faudrait évoquer des immenses auteurs comme Dumézil, mais aussi Eliade, et leur influence sur des mouvements comme le GRECE, des types brillants mais bien plus contestables comme Julius Evola ou Alain de Benoist, et des authentiques nazis comme Miguel Serrano.
Bien sur, on ne pourra pas faire l’économie de Pauwels et Bergier, et il faut rappeler déjà le parcours de Pauwels, qui sera entre autres rédacteur du Figaro et proche de la Nouvelle Droite de De Benoist...

Bon sang, j’ai juste commencé et j’ai même pas parlé de Von Däniken...

Allez, on va être un peu plus pratique, sinon ça va ressembler à une longue liste de noms. Je peux esquisser un début de réflexion, mais j’ai pour l’instant un mois de mai assez rempli, du coup j’ai pas de délai à proposer et ça peut prendre un peu de temps.

Ceci dit, ce serait peut-être bien de limiter un peu le sujet, de lui donner un cadre un poil strict pour commencer, quitte à l’étendre ensuite. Je sais pas si vous avez ds propositions, des pistes qui me permettraient de me limiter, j’ai parfois tendance à l’excès d’enthousiasme...

Enfin, il y a une petite question très terre à terre. J’imagine que des posts publics ne sont pas la meilleure manière de travailler. Et je réclame évidemment de pas être laissé seul sur un sujet pareil. (Par exemple, les arcanes du nationalisme bosniaque me sont largement inconnues).
Du coup, on s’organise comment ?

Voilà voilà... Et bon dimanche en attendant !

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 2 mai 2016

Bonsoir Epiméthée,
pas de panique, il n’y a aucune urgence :)
Je serai moi aussi très peu disponible avant au mieux la mi-juin, et si vous voulez vous lancer dans un ou plusieurs articles sur ce blog, c’est quand vous voulez, ce que vous voulez et au rythme que vous voulez !
Le sujet est effectivement immense... Comme c’est un blog de vulgarisation basique, il faudrait sans doute éviter les gros articles touffus, par contre plein de petits articles sur un thème ou un auteur précis dans une rubrique ad hoc ça pourrait être pas mal...
On peut discuter tout ça en MP quand vous aurez envie : irna at orange.fr.
Amicalement,
Irna

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Epiméthée - le 3 mai 2016

Donc hello again !

Je me connais un peu à force, il faudra que je fasse attention d’une part à la vulgarisation et d’autre part à ce que le sujet soit directement relevant pour le blog. Vous avez constaté que j’ai tendance à m’emporter et que les murs de texte ne m’effrayent guère. Et il faudra d’ailleurs aussi que je construise quelque chose de, on va dire complet, dans le sens qu’on peut passer une vie sur ce thème, la difficulté sera de rendre les parties utiles, quand bien même on est dans une réflexion plus générale, dans la superstructure si j’ose dire qui organise la pensée pseudo-historique.

J’ai déjà un tout petit peu réfléchi, je pense qu’un point de départ intéressant serait la notion de Paradis Perdu, le Mythe des origines, le Berceau, en lien du coup avec le thème de la décadence, des âges de l’humanité tels que posés par Hésiode. Mine de rien, il structure la réflexion sur la préhistoire et se retrouve clairement dans le thème des Civilisations Perdues.
Le lien serait donc facile à faire avec la réflexion diffusionniste, ou plutôt hyper-diffusionniste.

Ensuite, j’imagine creuser un peu les divers avatars de ce berceau original. Hyperborée, l’Atlantide, mais aussi donc l’Egypte, l’Inde, l’Iran... On pourrait enfin passer aux figures qui ont propagé ces thèmes pour déboucher sur le XIX et XXème siècle, la cristallisation si j’ose dire de ces mythes, et leur diffusion.

C’est juste une très brève esquisse, je vais y réfléchir entre la poire et le fromage et on en reparlera quand j’aurais un plan un peu plus organisé.

Je vous relance d’ici juin et on verra bien !

Belle journée !

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Mertseger - le 1er mai 2016

Bonjour !

Merci pour l’accueil et surtout toutes ces lectures en perspective ^^, je suis néophyte sur cette question ( mise à part, le symbolisme de la IIIème république et l’identité nationale française qui en découle et perdure encore aujourd’hui et le mysticisme nazi que j’ai abordé de manière superficiel, surtout au travers la société de Thulé, ou d’un personnage comme Himmler, ou ce qui se rattachait au projet lebensborn, toujours de manière très ponctuelle finalement, il faut dire que je me suis beaucoup intéressé à l’impact des nazi sur la société ou l’individu lambda, qu’au nazi eux même, notamment "l’obédience des peuples") le sujet à l’air passionnant au point que je me suis jeté direct sur le livre que vous m’avez conseillé de Jean Paul Demoule, pour avoir une base et je pense m’attaquer au "Passé recomposé, "Chroniques d’archéologie fantasque". d’Adam et sur le blog proposé par Irna :)

En tous cas, vu que c’est vaste comme sujet, plusieurs articles seront certainement nécessaire, je pense, pour ne pas s’y perdre ^^ ou le faire trop superficiellement, quitte à ce que comme proposer par Irna, faire une section sur ce thème. (vous devinerez que je suis une buse en anglais, ce genre d’article je l’attendrais avec impatience )

Bonne journée (soirée) o/

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Epiméthée - le 1er mai 2016

C’est un plaisir ! Et bonne lecture !

Je me permets cependant de vous inciter à une certaine prudence. Une grande partie des théories sur l’ésotérisme nazi proviennent des travaux très contestables de Pauwels et Bergier, dans le "Matin des Magiciens".
Ce sont parmi les premiers à proposer Hitler comme initié, voire comme possédé, idée reprise entre autre par un Jan Van Hellsing et propagée dans les cercles occultistes.
Une fois encore, et sans surprise, des recherches plus sérieuses ont démonté cette théorie. Mais on en reparlera volontiers en explorant plus en profondeur l’influence fondamentale du texte de Pauwels et Bergier.
Sur le sujet du nazisme, il existe un livre de Stéphane François, assez récent, "Les mystères du Nazisme", qui a l’air d’une bonne synthèse sérieuse. Il amène pas grand chose de neuf, de ce que j’ai vu en le feuilletant en librairie et en lisant quelques critiques, mais ça a l’air d’une bonne introduction sur le sujet.

Après, vous verrez, le livre de Demoule est passionnant mais technique et, si il touche nécessairement à plusieurs sujet, il reste un livre de linguiste et d’archéologue. C’est une excellente ouverture sur les questions de nationalisme, sur l’idéologie scientifique, mais c’est d’abord justement un livre sur la méthode scientifique et proposant au fond un programme pour des linguistes.
C’est pas que ça, bien sur, mais ne vous attendez pas à une discussion directe du mysticisme ou de l’occultisme. Il est surtout intéressant pour élargir le contexte, pour comprendre les relations entre histoire légitime et pseudo-histoire.

Remarquez aussi que pas mal de linguistes sont pas très content des critiques de Demoule. J’ai eu la chance de voir une de ses conférences et ils grognaient un peu au moment des questions... A mon sens, le bouquin est un excellent ouvrage d’épistémologie, une très belle manière d’apprendre à penser contre soi et à se méfier de ce qu’on croit savoir. Mais on en reparle volontiers lorsque vous l’aurez lu !

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Mertseger - le 2 mai 2016

Bonjour o/

Ce sont parmi les premiers à proposer Hitler comme initié, voire comme possédé, idée reprise entre autre par un Jan Van Hellsing et propagée dans les cercles occultistes.
Une fois encore, et sans surprise, des recherches plus sérieuses ont démonté cette théorie. Mais on en reparlera volontiers en explorant plus en profondeur l’influence fondamentale du texte de Pauwels et Bergier.

Merci pour cette mise en garde, à vrai dire j’ai juste pris note sans me faire une opinion la dessus, juste un constat qu’il y avait des liens avec un certain milieu ésotérisme soit au travers de la construction idéologie que prôner les nazi dans leur propagande avec leur construction mythologique du peuple allemand et de ses origines, soit au travers de personne comme Himmler qui en était un adepte. mais en soi je n’ai jamais approfondis ce sujet là.

C’est pas que ça, bien sur, mais ne vous attendez pas à une discussion directe du mysticisme ou de l’occultisme. Il est surtout intéressant pour élargir le contexte, pour comprendre les relations entre histoire légitime et pseudo-histoire.

oui c’est ce que j’avais cru comprendre à la première description que vous en avez fait, d’où mon choix de le lire en premier, pour aller du plus large, avant d’aller dans le plus pointu et histoire de me mettre des bases en tête que je pourrais ignorer et qui biaiserait ma compréhension du sujet.

A mon sens, le bouquin est un excellent ouvrage d’épistémologie, une très belle manière d’apprendre à penser contre soi et à se méfier de ce qu’on croit savoir. Mais on en reparle volontiers lorsque vous l’aurez lu !

Avec plaisir :)

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 30 avril 2016

Bonjour Mertseger - j’aime bien ce pseudo, c’est bien de sortir une divinité de l’oubli :)

Ce qui m’insupporte le plus, c’est que la plupart des gens qui suivent JG, ne se rendent pas compte qu’ils perdent l’essentiel, la véritable part du merveilleux : celui d’essayer de comprendre des personnes d’un autre temps et d’une autre civilisation.

C’est tellement vrai ! Ces gens sont des amateurs de mystères de pacotille à la Hollywood et passent à côté de ce qui est réellement fascinant...

Amicalement, Irna

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
moments28 - le 29 mai 2016

Bonjour,

J’ignorais que la Tronche en Biais avait fait une seconde émission au sujet de LRDP, après celle avec Jacques Grimault en février. Comment se fait-il que cette deuxième émission (nettement plus intéressante que la première au passage, faut dire que les invités sont d’un autre niveau :D) n’ait pas été mise en ligne sur la chaîne youtube de la TeB ? Désolé pour la futilité de ma question, mais je râle presque d’avoir raté cette épisode :D

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 29 mai 2016

Bonjour, je pense que la vidéo ne devrait plus tarder sur la chaîne de la TeB :)

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Focus - le 7 juin 2016

Bonjour à tous,
La question sur cette deuxième émission de la Tronche en Biais revenant régulièrement, voici le lien pour au moins l’écouter (ce qui est l’essentiel)

https://www.mixcloud.com/radiocampu...
Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Focus - le 7 juin 2016

Au temps pour moi, le lien est fourni dés le début de l’article ...

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 7 juin 2016

Dès que la vidéo sera parue je mettrai à jour l’article avec le lien !

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 1er août 2016

Voici le lien vers l’émission de la Tronche en Biais : https://www.youtube.com/watch?v=I25Zne0yGoA

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Iyadcqnsdqsl’o AI² - le 23 juillet 2016

Je me vois de remercier la qualité exemplaire de ce site,
qui je dois dire doit être précurseur dans la rigueur dont il fait part afin de combattre les complotistes dérangées & co sortis tout droit d’un mauvais film de sf...
J’ai aussi vu que vous vous atteliez à la traduction des articles (crucial si on ne veut pas que l’information soit noyée dans internet)
Un bon jour pour l’humanité en somme.

Les pyramides d’Égypte - La Tronche en Biais
Irna - le 25 juillet 2016

Merci Iyadcqnsdqsl’o AI² (joli nom) !
 :)



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